La saison 2006 / 2007, fût marquer par des moments de joies, de bonheur, de tristesse, mais aussi de douleurs, par la disparition de trois personnes qui nous étais chère. Trois amies inoubliables.
Une femme remplie de joie de vivre en permanence et d’attention particulière à son travail qu’elles accomplissaient à plusieurs reprises auprès de nos côtés.
Nicole était une collègue formidable. Lors des interventions, elle essayait de trouver toujours des solutions pour les personnes rencontrées. Elle ne laissait jamais tomber les situations qu’elles rencontraient.
On se souviendra tous, de ce 31 décembre au soir, où Nicole est intervenue avec ses collègues pour une femme mis à la rue avec son enfant.
Un grand moment d’émotion, où cette grand-mère à pu montrer les capacités de ne jamais laisser tomber et d’essayer de trouver des solutions. Nous n’oublierons jamais son passage dans nos équipes.
Deux amis, voir même deux frères, ils étaient inséparables dans tous les moments de la vie, aussi bien dans la joie, que dans les moments de galère.
Je me rappelle, tous les soirs, on recevait un appel du 115, car il arrivait parfois d’avoir du retard sur notre parcours. Ils s’inquiétaient pour nous, autant que l’on s’inquiétait pour eux.
Jacky et Denis laisseront un grand vide pour nos équipes qui les côtoyaient chaque jours.
Pour rendre hommage à la mémoire de ces trois personnes disparu, je leurs dédie cette rencontre de notre bilan annuel et vous demanderais d’observer une minute de silence.
Pour mieux vous faire découvrir nos bilans, notre structure vous apporte grâce à cette rencontre, une information complète concernant la saison hivernale 2006 / 2007, sur les activités du Samu Social de l’ensemble du sud de l’Oise.
A l’Entr’Aide Samu Social Oise, nous avons la conviction que le progrès peut bénéficier à tous et qu’il doit permettre de faciliter vos relations avec nous, tout en conservant la proximité humaine que nous vous devons.
En tant que Président, je tiens à remercier l’ensemble des volontaires que vous ne voyez pas tous les jours, mais qui dans l’ombre travail sans cesse pour vous apporter la qualité de nos services, particulièrement à nos équipes du Samu Social, qui travail en nocturne.
Sans ces bénévoles, l’association ne représenterait rien et la certaine notoriété dont nous jouissons, c’est à ses hommes et femmes que nous la devons.
Je souhaite que toutes ces personnes gardent en eux cet état d’esprit et ensemble nous porterons haut le nom de l’association.
L’ensemble des volontaires de la saison 2006/2007, a redonné une image de jeunesse au sein de l’activité. En effet la moyenne d’âge est de 25 ans.
Une jeunesse auprès de la population défavorisée, montre l’intérêt que chacun d’entre nous porte à venir en aide aux personnes à la rue.
Comme par les années passées, nous enregistrons une activité croissante. Le service du SAMU SOCIAL devient une des activités, des plus importantes de notre association, avec çà moyenne de 300 interventions par mois.
La continuité et l’amélioration semblent des plus nécessaire, afin de répondre satisfaction à l’ensemble de nos partenaires, et ainsi pouvoir apporter une aide à la population sans abris, en améliorant nos services.
Car en effet, lorsqu’on évoque « l’exclusion », chacun croit savoir ce que ce mot désigne.
Pourtant la multiplicité des situations qu’il recouvre le rend difficile à cerner. C’est la souffrance consciente ou non qui en est le dénominateur commun.
Les dispositifs publics, les urgences des hôpitaux ou les foyers sont censés répondre aux besoins des personnes les plus défavorisées. Un personnel dévoué et compétant est en collaboration avec les associations d’aides humanitaires.
Mais l’on s’aperçoit que les sans abris sont toujours « un pas à côté » par rapport aux dispositifs censés répondre à leurs besoins, que ce soit l’accès à leurs droits, l’accès aux soins, au logement ou même à l’emploi.
Comme si l’exclusion entraînait l’exclusion en un cercle vicieux : plus on est exclu, moins on a facilement accès aux dispositifs d’assistance.
Peut être parce que ceux-ci ne sont pas assez souples, peut être et surtout parce qu’ils ne regardent pas l’individu dans sa singularité car l’exclusion traduit la rencontre d’une destinée personnelle avec les contraintes de la précarité.
Combattre l’exclusion demande que l’on regarde chacun comme un cas particulier tant il est vrai qu’il n’existe pas de procédure automatique pour sortir de l’exclusion. Mais les personnes exclues sont souvent trop déprimées, trop désocialisées, trop perdues pour attendre quoi que ce soit de l’institution dont-elles connaissent plus les rouages.
C’est pourquoi, l’importance d’un personnel sur le terrain auprès de cette population tellement désocialisé est très important tout au long de l’année. Une mission, permettant de se porter à leur rencontre, et d’augmenter les chances d’entrer rapidement dans les dispositifs dont chaque citoyen peut bénéficier.
Quand on pense Samu Social, on pense souvent aux actions d’hiver du soir ou de nuit. C’est parfois oublier que tisser du lien social peut aussi et surtout se faire toute l’année.
Tout comme une urgence médicale, la première étape est bien une phase de stabilisation sur le terrain même. Mais tout comme dans le secteur sanitaire, la seconde phase de « soins » en relation avec le milieu institutionnel est tout aussi indispensable.
Le travail de l’équipe mobile du Samu Social consiste alors à nouer une relation qui se transforme en confiance grâce aux rencontres répétées avec les personnes.
Cette somme d’interventions ponctuelles peut permettre l’émergence d’une demande que la mobilité du dispositif permet de saisir dès que se dessine la moindre ébauche de formulation.
C’est pour cette raison que le temps lié à la réinsertion sera long. On ne fait pas remontrer un plongeur sous-marin à la surface brutalement sous peine de le tuer par embolie gazeuse. Il doit respecter le temps des paliers de décompression qui lui permettront de s’équilibrer à chaque étape. Il en est de même pour une personne en rupture de lien social, culturel, professionnel et sanitaire.
Il faut lui laisser son temps de rééquilibrage. C’est ce que veut dire le docteur Xavier EMMANUELLI, président de la Fédération des Samu Sociaux de France, lorsqu’il affirme que le travail avec les personnes sans abri sera d’autant plus long que leur errance a été longue.
Plusieurs entretiens sont souvent nécessaires pour établir une relation de confiance, permettant au Samu Social d’évaluer les situations et d’aider à faire émerger les demandes.
L’intervention des équipes mobiles des Samu Sociaux doit s’inscrire dans un principe éthique de citoyenneté et de respect des personnes : elle n’agit pas contre leur volonté, ni les forcer à entreprendre des démarches ou à aller dans les structures qui leur sont réservées.
Au contraire, l’enjeu est de les aider à retrouver leur autonomie. Il s’agit bien de respecter là encore leur rythme de vie.
Les personnes n’ont souvent plus l’autonomie nécessaire pour entreprendre des démarches seules. Mais si l’équipe mobile propose son aide, elle doit toujours le faire « avec la personne » et non pas « à la place de la personne ».
En rendant les personnes actrices de leur réinsertion, la fonction de l’équipe mobile du Samu Social s’inscrit dans une logique d’insertion et non pas d’assistance.
La saison 2006 / 2007, comme vous avez pu le voir dans les chiffres présentés, montre la nécessité de continuer à poursuivre nos efforts dans ce sens.
Un bilan positif en terme d’activité, mais qui démontre encore un grand nombre de personnes dans le besoin.
Un excellent partenariat s’est ressenti lors de cette saison, qui restera encore à développer avec les centres hospitaliers du département de notre secteur pour faciliter l’accès aux soins des personnes sans-abri, mais aussi un développement de partenariat avec les accueils de jours, les centres d’hébergements, et surtout l’ensemble des organismes sur le terrain lors de nos maraudes, tels que les autres Samu Sociaux, les services d’urgences et de secours.
Cette saison constate une augmentation des femmes à la rue, femmes victimes de crise conjugale, voir même de violences. Nos équipes, sont déclenchées de plus en plus, sur ce type d’interventions.
En effet, avant toute démarche administrative, ces personnes sont mises à l’abri le plus rapidement.
En effet, la multiplicité des interventions : crise conjugale, des migrants, des familles avec enfants dans la rue et surtout de plus en plus de personnes atteintes de problèmes psychiatriques, obligent nos volontaires à se former. Oui, la formation, celle-ci sera une de nos priorités pour les années à venir. Avoir du personnel qualifié à bord des véhicules, permet une meilleure prise en charge de la personne sans abris, et j’y attacherai une importance particulière.
Egalement, depuis quelques mois, nous travaillons sur un projet de pérennisation du Samu Social à l’année avec l’ensemble du département et des autres Samu Sociaux, et ainsi et surtout avec la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales. Un projet qui comme la plupart de nos partenaires, souhaiterais voir le jour dans les prochaines années à venir.
Je terminerais mes propos en remerciant l’ensemble de nos partenaires d’activité, mais surtout les financeurs : la D.D.A.S.S qui est notre financeur principal et le Conseil Général de l’Oise. Mais aussi, l’ensemble des donateurs qui nous permettent de compléter notre fonctionnement.
Un bilan très positif, mais qui néanmoins, doit nous permettre de continuer tous ensembles à défendre nos convictions afin d’aider les personnes dans le besoin.